La prévention : outil essentiel dans la lutte au tabagisme

La santé publique a fait de la lutte contre le tabagisme une de ses priorités depuis le milieu du 20e siècle; c’est aussi l’une des grandes victoires de la santé publique. À travers de nombreuses initiatives dont l’adoption de mesures efficaces via des lois ainsi que des campagnes de sensibilisation, le pourcentage des fumeurs a diminué d’environ 40 % en moins de 20 ans au Québec, passant de 34 % de la population en 1998 à 20 % aujourd’hui.

Les gouvernements provincial est-il si satisfait de ce résultat qu’ils ne cherchent plus à rééditer cet exploit? Dans les dernières années, aucune nouvelle mesure provinciale n’a été adoptée, depuis 10 ans en fait. Pourtant, le tabac demeure la première cause des décès évitables au Québec comme dans le monde.

Le tabac : première source de mortalité au Québec

Au Québec, c’est un peu plus de 10 000 personnes qui meurent chaque année des suites de maladies liées au tabac, soit deux fois plus que les décès liés aux suicides, noyades, accidents de la route, dépendances, meurtres, SIDA et alcool réunis.

Les coûts directs et indirects découlant du tabagisme se chiffrent à environ quatre milliards de dollars par année. Le tabac est aussi responsable du tiers des coûts associés aux journées d’hospitalisation au Québec.

Plutôt que de continuer de s’attaquer au problème, le gouvernement maintient un gel du budget du Service de lutte au tabagisme et, ce, depuis 2003. Jeunes Médecins pour la Santé publique est convaincu qu’il ne s’agit pas de la bonne voie à prendre. En effet, entre 1997 et 2010, chaque dollar investi dans la prévention a permis d’en épargner 17 en coûts de santé. En voulant faire des économies sur le dos de la prévention, le gouvernement québécois se tire une balle dans le pied; chaque baisse du taux de tabagisme de 1 point de pourcentage fait d’ailleurs économiser 41 millions de dollars chaque année et, ce, seulement en coûts directs!

Des fumeurs encore très jeunes

C’est d’autant plus important de renforcer les moyens du Service de lutte au tabagisme puisque l’industrie du tabac fait des jeunes sa cible préférée. Pour l’industrie du tabac, il s’agit d’une clientèle nécessaire pour remplacer les fumeurs qui réussissent à arrêter de fumer ou qui en meurent.

Au Québec, on commence à fumer en moyenne à 13 ans et chaque année, ce sont 10 000 enfants et adolescents qui se mettent à fumer. Les produits avec toutes sortes de saveurs et des paquets devenus de plus en plus attrayants expliquent la popularité de ces produits encore aujourd’hui chez les jeunes. Le gouvernement devrait prendre exemple sur l’Australie qui a instauré, en 2012, l’emballage neutre et standardisé. Cette mesure a entraîné une baisse significative du taux de tabagisme et plusieurs autres pays comptent déjà suivre son exemple, comme la France, l’Irlande et le Royaume-Uni.

Plus près de chez nous, le gouvernement ontarien a déjà déposé un projet de loi pour interdire la vente de tous produits du tabac aromatisés. Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique, promet depuis plusieurs mois de réviser la Loi sur le tabac. Ce sera un moment opportun pour remettre la prévention au centre de la lutte contre le tabac et refaire ainsi du Québec un modèle de prévention et de lutte au tabac à travers le monde. Pour le permettre, il faudrait que Québec adopte de nouvelles mesures qui ont déjà trop tardé et augmente son budget antitabac pour atteindre le plancher du financement optimal recommandé par les autorités mondiales en santé publique.

Le gouvernement saura-t-il être à la hauteur des attentes en terme de prévention? Est-ce qu’il saura reconnaître les opportunités d’investissement qui rapportent vraiment? De notre côté, nous saurons alors si la santé est vraiment une priorité ou non pour ce gouvernement.

 

[i] Organisation mondiale de la santé. http://www.who.int/tobacco/mpower/package/fr/index.html

[ii] 10 414 en 2002: Baliunas, D., et coll, « Mortalité et années potentielles de vie perdues en raison du tabagisme au Canada en 2002 : Conclusions tirées dans l’optique de la prévention et des politiques », Maladies chroniques au Canada, Vol. 27, no 4, 2007. http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cdic-mcc/27-4/pdf/cdic274-3_f.pdf

[iii] Au Canada et par année, il y a 37 000 décès causés par le tabac, 3 512 décès par suicide, 287 noyades, 2 500 décès par accident de la route, 1 695 à cause de drogues illégales, 610 meurtres, 428 décès dus au SIDA et 8 103 à l’alcool — en somme, 37 000 décès dus au tabac versus 17 135 dus à toutes ces causes combinées. (Sources : http://www.ccsa.ca/2006%20CCSA%20Documents/ccsa-011332-2006.pdf; http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/101026/dq101026a-fra.htm (voir page 4); http://www.saaq.gouv.qc.ca/publications/prevention/bilan_routier_2012/bilan_routier.pdf; http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201007/24/01-4300956-le-cancer-premiere-cause-de-mortalite-au-canada.php )

[iv] De 30,3 % (1999) à 20,1 % (2006), selon l’Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada (ESUTC), la seule enquête (présentement discontinuée) qui retourne assez loin dans le temps. http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/researchrecherche/stat/_ctums-esutc_2012/ann-histo-fra.php#tab2

[v] Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2003-2013 de Statistique Canada. Composante annuelle, tableau 105-0501: Profil d’indicateurs de la santé, estimations annuelles, selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces, territoires, régions sociosanitaires, et groupes de régions homologues. (Variable : fume actuellement, tous les jours ou à l’occasion.) http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2014/STAT_14_06_27_ESCC_TabagismeQc_Variation_2003_2013.pdf

[vi] Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2003-2013 de Statistique Canada. « Composante annuelle, tableau 105-0501: Profil d’indicateurs de la santé, estimations annuelles, selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces, territoires, régions sociosanitaires, et groupes de régions homologues. » (Variable : fume actuellement, tous les jours ou à l’occasion.) http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2014/STAT_14_06_27_ESCC_TabagismeQc_Variation_2003_2013.pdf

[vii] Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2013 », novembre 2014, page 74. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/enfants-ados/alcool-tabac-drogue-jeu/tabac-alcool-drogue-jeu-2013.pdf

[viii] Environ 34 100 élèves sont des fumeurs débutants. Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire 2008 (page 45). http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/enfants-ados/alcool-tabac-drogue-jeu/tabac-alcool-drogue-jeu-2008.pdf . Voir aussi Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Calcul du nombre de nouveaux fumeurs, septembre 2012. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2012/DOCU_12_09_20_Calculs_No_NouveauxJeunesFumeurs.pdf

[ix] Tableau 4 de Propel Center for Population Health Impact, « Usage de produits du tabac aromatisés chez les élèves canadiens : données de l’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2010-2011« , 7 octobre 2013. (L’enquête a sondé près de 51 000 élèves au Canada entre janvier et mai 2011, dont 4 266 au Québec.) http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2013/TABAC_AROMATISES_ETJ_20131007.pdf

[x] Étude réalisée par le Groupe d’Analyse pour le compte de la CQCT. Pierre-Yves Crémieux, Lisa Pinheiro, Marissa Ginn, Michel Cloutier, Groupe D’Analyse, « FICHE D’INFORMATION » – Utilisation excédentaire des ressources médicales due au tabagisme : Soins hospitaliers », 10 août 2010. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2010/DOCU_10_08_10_GroupeDAnalyse_Fiche_Hosp.pdf

[xi] Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, « Calculs des économies résultant de la baisse de la prévalence du tabagisme au Québec », janvier 2012. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2012/STAT_12_01_00_Economies_1996_2010_Calculs_GroupeAnalyse.pdf

[xii] Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, lettre au ministre Carlos Leitão, page 5. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2014/MAIL_14_05_13_MinFinanceLeitao_Demandes_final.pdf

[xiii] Projet de loi 45, « Loi de 2014 pour des choix plus sains », http://www.ontla.on.ca/web/bills/bills_detail.do?locale=fr&Intranet=&BillID=3080 .

[xiv] « Tobacco and Smoking Reduction Act » http://www.qp.alberta.ca/documents/Acts/T03P8.pdf ; le règlement annexe à la loi, touchant la question de l’aromatisation : http://www.qp.alberta.ca/documents/orders/orders_in_council/2014/1114/2014_436.html .

[xv] Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, « L’emballage neutre et standardisé en Australie : un impact substantiel », décembre 2014. http://www.cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2014/DOCU_14_12_18_Impacts_Australie_EmballagesNeutres.pdf

Votre logement : Des impacts importants sur votre santé.

Saviez-vous qu’au Québec les gens passent le deux-tiers de leur temps à l’intérieur de leur domicile? C’est 16 heures par jour passées chez soi! Et se loger, ce n’est pas une mince affaire : nous avons tous entendu parler des défis liés à la recherche d’un logement de qualité, abordable et salubre.

En santé publique, nous sommes préoccupés par les questions de logement parce qu’il existe des liens clairs entre la santé des individus et l’endroit où ils habitent. De plus, les occupants d’un logement insalubre ont souvent des options limitées pour améliorer leur situation étant donné que la mauvaise conception des bâtiments et un manque d’entretien préventif sont souvent à la base des problèmes d’insalubrité. En 2013, un sondage mené par la Société d’habitation du Québec a démontré que plus d’un ménage sur quatre au Québec est aux prises avec un problème de salubrité. Ça représente des millions de gens habitant des logements qui peuvent nuire à leur santé!

Qu’est-ce que l’insalubrité?

Quand on parle de logements insalubres, on veut dire, entre autres, ceux qui sont affectés par :

1.    l’humidité excessive et la contamination par les moisissures;

2.    l’infestation par les punaises de lit, les blattes (coquerelles) et les rongeurs (souris & rats);

3.    une température inadéquate (trop froid en hiver ou trop chaud en été);

4.    le bruit et la pollution venant de l’extérieur;

5.    le surpeuplement.

Les moisissures et l’humidité excessive peuvent causer ou empirer plusieurs problèmes de santé, dont l’asthme, la rhinite et les infections respiratoires. Les piqûres de punaises de lit, bien qu’elles ne transmettent pas de maladies, causent des problèmes de peau; de plus, la présence de punaises de lit peut déranger le sommeil et causer du stress et de l’anxiété. L’utilisation de produits toxiques pour se débarrasser des infestations d’insectes peut également entraîner un risque à la santé.

Certains problèmes comme les punaises de lit et les coquerelles peuvent amener les gens à se retirer de leur entourage. La présence de plusieurs facteurs d’insalubrité en même temps n’est pas rare et augmente les chances qu’il y ait des effets sur la santé. Les enfants, les personnes âgées, de même que les gens souffrant de problèmes de santé mentale sont plus sensibles aux effets de l’insalubrité.

Dans la très grande majorité des cas, les problèmes de santé ou les symptômes causés par l’insalubrité disparaissent lorsque les gens ne sont plus exposés. Malheureusement, beaucoup de gens sont contraints de rester dans des conditions inadéquates même si leur santé en souffre. En effet, ce sont souvent les gens qui n’ont pas les moyens de se payer mieux qui se retrouvent dans des logements moisis ou infestés de punaises de lit ou de coquerelles.

Depuis des années, la santé publique au Québec travaille avec les municipalités, les organismes communautaires et différents professionnels de la santé pour faire en sorte que tout le monde puisse vivre en santé dans leur domicile. Par des sondages et des projets de recherche, nous aidons à mieux comprendre comment les conditions de vie des gens peuvent avoir un effet sur leur santé. Quand des situations inquiétantes nous sont signalées, nous faisons des enquêtes dans les logements et auprès des occupants. Si la santé des gens est menacée (par exemple, si un enfant fait de l’asthme à cause de son logement qui est moisi) nous travaillons avec la municipalité pour s’assurer que le logement soit inspecté, que la réglementation soit appliquée et que la famille puisse déménager si c’est nécessaire pour protéger leur santé.

En offrant une expertise en matière de logement et santé et en donnant de la formation, nous équipons les professionnels de la santé et les intervenants des municipalités et des organismes communautaires pour qu’ils soient capables de reconnaître et de prévenir les problèmes de santé causés par les logements insalubres. L’accès à un logement salubre pour tous dépend d’une réglementation forte en matière de salubrité, de même que la capacité au niveau des municipalités de l’appliquer. Parce que les logements salubres coûtent souvent plus cher, les politiques nationales sur le logement abordable et le financement des programmes de soutien aux locataires, tels AccèsLogis et le programme de Supplément au loyer, sont essentiels à l’amélioration des conditions de logement des personnes les plus défavorisées. Finalement, les organismes communautaires qui travaillent au quotidien pour défendre le droit à un logement convenable doivent avoir un financement adéquat et durable.

En conclusion, si nous voulons vraiment un Québec en santé, nous devons nous soucier des conditions d’habitation de tout le monde. Que le gouvernement Couillard impose d’importantes coupures en prévention en même temps qu’il cherche à  limiter la capacité de la santé publique à militer pour des politiques publiques favorables à la santé est des plus inquiétants. La santé publique est loin d’être seule à se mobiliser pour l’amélioration des conditions de vie des gens. Les organismes communautaires, les municipalités, le réseau de la santé et la société civile, tous doivent continuer à travailler ensemble pour que tout le monde puisse être en santé chez soi!  

Pour en savoir plus sur le logement et la santé :

  • Portail Santé Montréal – informations et conseils utiles pour les punaises de lit et les moisissures

 

Que pouvez-vous faire pour soutenir les actions de santé publique?  Suivez les actions de JMPSP avec notre page Facebook.

Rencontrez votre député pour discuter de vos préoccupations concernant l’accès à des logements salubres et les coupures en santé publique ·

Signez la pétition demandant le retrait des coupures en santé publique !

Votre santé, en lien avec votre revenu ?

La santé publique s’intéresse aux causes profondes des maux qui affectent la santé des populations. L’effet du revenu sur la santé a été démontré à de multiples reprises.

 

Quels sont les effets du revenu sur la santé?

Quoi qu’on puisse en penser, on ne naît pas tous égaux à l’égard de notre santé actuelle et future. Par exemple, avant même de naître, le faible poids à la naissance, le retard de croissance intra-utérine et la prématurité affligent davantage les plus défavorisés que les mieux nantis. Les études montréalaises démontrent que les moins fortunés connaissent plus de décès, plus d’hospitalisations, plus d’incapacités, de même qu’une moins bonne santé générale et mentale que leurs homologues plus fortunés. Le revenu a donc des impacts sur la santé des gens tout au long de leur vie et au-delà. En effet, on parle de cycle intergénérationnel de pauvreté, où les enfants naissant de parents plus pauvres sont plus à risque d’être pauvres à leur tour pendant leur vie.

Le revenu a aussi des impacts sur d’autres éléments qui peuvent contribuer à ce que la santé d’un individu soit bonne ou non. Par exemple, il est clair que l’éducation, l’emploi et l’alimentation sont des facteurs qui contribuent à améliorer la santé des gens. Pourtant, selon les études montréalaises, le taux de personnes ayant terminé leurs études secondaires est significativement moins élevé et les opportunités de travail sont moins présentes chez les plus pauvres. Aussi, les plus défavorisés auront connu le manque de nourriture et d’argent pour s’en procurer, alors que cette situation est pratiquement inconnue chez les plus riches. Ces écarts entre groupes socio-économiques s’appellent des inégalités sociales de la santé.

 

 

Le faible revenu constitue-t-il un problème d’envergure au Québec?

Le nombre de personnes vivant en situation de pauvreté est loin d’être négligeable au Québec. Près d’une personne sur cinq dans notre province vit sous le seuil de faible revenu. Cette proportion est la même pour les enfants de moins de 6 ans. Le seuil de faible revenu considère le revenu total avant impôt et est ajusté selon le nombre de personnes dans la famille. De plus, une personne sur dix au Québec ne réussit pas à couvrir ses besoins de base, soit se nourrir, se loger et se vêtir.

 

 

La santé publique s’intéresse-t-elle aux effets du revenu sur la santé des Québécois?

Une des missions principales de la santé publique est de réduire au maximum les inégalités sociales en santé, ces écarts entre fortunés et moins fortunés qui sont évitables. Étant donné que les causes des écarts de santé sont profondément ancrées dans les conditions sociales de la population, la santé publique a le devoir de s’intéresser et de se prononcer sur l’éducation, l’emploi, l’alimentation… et le revenu de la population! Plusieurs études démontrent la nécessité d’agir sur ces aspects, il existe même un centre de recherche, le Centre Léa-Roback, qui en fait son principal champ d’intérêt.

 

 

Que fait la santé publique pour diminuer l’effet des écarts de revenu sur la santé?

Elle conseille et influence les différents paliers du gouvernement pour s’assurer que les services de santé soient accessibles à tous peu importe le statut socioéconomique. Les politiques sociales sont primordiales pour améliorer la situation des plus démunis. La santé publique finance et appuie également plusieurs organismes communautaires qui interviennent directement auprès des personnes défavorisées. Aussi, la santé publique étudie minutieusement les interventions menées auprès de la population afin qu’elles n’augmentent pas les inégalités sociales de santé, plutôt que de les réduire.

 

 

Que peut faire le gouvernement pour diminuer l’effet des écarts de revenu sur la santé?

Le gouvernement québécois doit aussi faire des efforts. Créer de la richesse ne suffit pas, il faut que celle-ci soit distribuée équitablement. Optimiser les prestations aux familles, l’aide sociale et les suppléments de revenu garanti y contribuent, mais ce n’est pas assez. La redistribution des revenus est débalancée et avantage encore trop les plus riches au détriment des moins fortunés. Ces écarts ont des conséquences démontrées sur la santé de la population. De plus, il faut s’assurer que le système de santé reste public, afin que son accès demeure réellement universel et serve à tous sans discrimination.

 

Comment encourager la santé publique à diminuer l’impact du revenu sur la santé?

Les coupures de 30% en santé publique sont une menace à la réduction des inégalités sociales en santé. Signez la pétition sur le site web de JMPSP pour dire Non aux coupures de 30% en santé publique. Vous pouvez aussi discuter avec votre député et l’encourager à être en faveur de politiques sociales qui assurent un revenu minimal acceptable pour tous les Québécois.

Signez la pétition contre les coupures en santé publique !

Pour en savoir plus sur les inégalités sociales en santé :

Habitudes de vie : sexualité et toxicomanie

La santé publique joue un rôle primordial dans la prévention et la détection des infections transmises sexuellement (ITS).

Pourquoi le rôle de la santé publique est-il important par rapport aux ITS?

En plus d’être relativement communes dans la population générale, les ITS ne présentent parfois aucun symptôme. Ainsi, une personne peut être infectée sans le savoir et propager son ITS à ses partenaires sexuels. Même lorsqu’elles ne présentent pas de symptômes, les ITS peuvent tout de même entraîner de fâcheuses conséquences chez les personnes qui les contractent. La stérilité, des complications pendant la grossesse, un risque accru de différents cancers, un affaiblissement du système immunitaire et même la mort constituent des complications des ITS.

 

Les ITS constituent-elles un problème d’envergure au Québec?

Malheureusement, oui. En plus d’être relativement fréquentes, les ITS sont en progression depuis plusieurs années. On observe une augmentation constante du nombre de cas de chlamydia et de gonorrhée chez les Québécois depuis la fin des années 1990, peu importe leur âge et leur sexe. On note également une augmentation du nombre de cas de syphilis, surtout chez les femmes. Aussi, plus de 350 nouvelles infections au VIH ont été diagnostiquées dans la province en 2013. Fait alarmant : une personne séropositive sur quatre ignore qu’elle est infectée au VIH.

Certains sous-groupes de la population sont davantage à risque de contracter et de transmettre des ITS. C’est le cas des travailleurs/euses du sexe, par exemple. De plus, la majorité des nouveaux cas de VIH, de lymphogranulomatose vénérienne et de syphilis concernent les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Cependant, l’augmentation des ITS touche aussi des groupes plus généraux, tels que les jeunes de 15 à 24 ans chez qui la chlamydia et la gonorrhée sont en hausse depuis plusieurs années. Les jeunes en difficulté, les personnes consommant des drogues par injection, les autochtones et les Québécois originaires de pays à forte présence de VIH constituent d’autres groupes chez qui un taux d’ITS plus élevé que dans la population générale est observé.

Les ITS se propageant via les fluides corporels (sperme, sécrétions vaginales, sang, etc.), certains comportements augmentent le risque de contracter une ITS. Par exemple, avoir des relations sexuelles avec un nombre élevé de partenaires différents ou avoir des relations sexuelles non protégées sont des comportements à haut risque.

 

Quelles solutions a la santé publique face à cette situation alarmante?

Il existe plusieurs solutions pour inverser ces tendances. Le retour des cours d’éducation sexuelle dans les écoles aura certainement un effet positif sur la situation des ITS au Québec, notamment en donnant aux jeunes des habiletés pour mieux revendiquer une sexualité saine. Mais ce n’est pas assez.

La santé publique fait la promotion des mesures de prévention personnelles, telles que le port du condom, et informe la population quant aux pratiques sexuelles sécuritaires. Elle supporte également la formation d’intervenants et les activités des organismes communautaires qui œuvrent auprès des sous-groupes plus exposés aux ITS. La santé publique appuie aussi la première ligne au niveau du dépistage des ITS, plus particulièrement le personnel infirmier des services intégrés de dépistage et de prévention des ITS (SIDEP). Ainsi, il est possible d’identifier ces individus infectés qui ne présentent pas de symptômes particuliers. Aussi, la santé publique offre son soutien pour aider les personnes atteintes d’une ITS à rejoindre les partenaires sexuels qu’elles auraient pu contaminer. Pour pouvoir tracer un portrait de la situation des ITS à chaque année et participer à l’élaboration de stratégies pour combattre ces infections, la santé publique a un système de surveillance à la grandeur de la province. Plusieurs ITS doivent obligatoirement être déclarées par le médecin ou le laboratoire où se font les analyses de sang et d’urine, ce qui permet à la santé publique d’obtenir de telles données. Finalement, la santé publique se prononce lorsqu’un projet de loi est susceptible d’avoir un impact sur la santé sexuelle de la population québécoise, tel que lors de la mise à jour de la loi sur la prostitution, par exemple.

 

Quels effets pourraient avoir les coupures de 30% en santé publique sur les ITS?

Avant même que les coupures imposées en santé publique ne soient annoncées, le domaine de la prévention des ITS était déjà sous-financé. À Montréal, où on observe la plus grande concentration d’ITS au Québec, il y avait seulement 14 infirmiers/infirmières SIDEP en dépistage et prévention des ITS dans le réseau public en 2013. La même situation est observée dans les autres régions du Québec. Toute personne œuvrant à la santé sexuelle de la population vous confirmera que les manques de ressources sont flagrants dans ce domaine. Ces coupures menacent ainsi la santé sexuelle de la population québécoise.

 

En santé publique, la santé de la population, c’est notre priorité.

Signez la pétition contre les coupures en santé publique !

Pour en savoir plus :

  • À bien y penser (MSSS et Tel-Jeunes) : http://itss.gouv.qc.ca/
  • Espace ITSS (INSPQ) : http://www.espaceitss.ca/
  • Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2013 et projections 2014 (INSPQ, 2014) :

http://www.espaceitss.ca/DATA/DOCUMENT/347~v~Portrait_2013_des_ITSS_au_Quebec-projections_2014.pdf

  • Guide québécois de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (MSSS, 2014) :

http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2014/14-308-01W.pdf

La santé et l’éducation vont de pair pour nos jeunes

La santé publique se préoccupe des gens quand ils sont malades, certes, mais encore plus, avant qu’ils ne tombent malades. Car prévenir des maladies et promouvoir la santé pour toute la population, voilà la mission de la santé publique. Comme exemple concret, prenons le cas de la santé des jeunes au Québec et des actions faites par la santé publique en collaboration avec les milieux scolaires et communautaires.

 

Quelques chiffres sur la santé des jeunes d’âge scolaire au Québec

Au Québec, 70% des jeunes du secondaire ne font pas suffisamment d’activité physique et 21% d’entre eux ont un surplus de poids. Par ailleurs, 37% des élèves ont été victimes de violence, d’intimidation ou de cyberintimidation (Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, 2012). À Montréal, deux élèves sur trois estiment qu’ils n’ont pas assez de soutien social et un jeune sur cinq quitte le secondaire sans diplôme ou qualification (État de situation sur la santé des Montréalais et ses déterminants, 2014).

Quels sont les liens entre la santé et l’éducation?

De nombreux ouvrages spécialisés indiquent que l’éducation a un effet positif sur la santé des populations, l’engagement social et le progrès économique. Par ailleurs, les milieux scolaires constituent le cadre idéal pour inciter les enfants à adopter de bonnes habitudes de vie et à acquérir des habilités sociales qui leur permettront de s’ouvrir au monde. Enfin, l’éducation peut offrir aux jeunes la possibilité d’occuper de meilleurs emplois et ainsi de percevoir des revenus plus élevés, ce qui peut améliorer leur qualité de vie, et par la même occasion leur santé physique et psychologique. En parallèle, il est clair que des jeunes qui sont en santé, bien dans leur peau et qui vivent dans des environnements sains et sécuritaires ont plus de chance de réussir à l’école et de parfaire leur éducation.

La santé publique s’intéresse-t-elle à la réussite scolaire des jeunes Québécois?

Depuis longtemps, partout au Québec, l’approche École en santé, qui est reconnue internationalement et recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, réunit la santé publique, le milieu scolaire et le milieu communautaire pour promouvoir la santé des jeunes. Car pour aider les jeunes à se développer sainement et réussir à l’école, c’est toute une communauté qui doit se mobiliser pour développer des actions qui soient complémentaires et renforcées. C’est un partenariat qui implique beaucoup d’acteurs, mais qui ont tous le même objectif : la santé et l’avenir des jeunes.

Que fait la santé publique pour favoriser la santé et la réussite scolaire des jeunes Québécois?

Voici quelques exemples d’actions réalisées par la santé publique. À Montréal, la santé publique forme les intervenants qui offrent des services de santé préventifs dans les écoles, que ce soit pour de la vaccination, des soins dentaires ou pour la prévention du tabagisme. Elle développe des outils comme SEXOclic qui met l’éducation à la sexualité auprès des jeunes à la portée de tous, et la trousse Premières Amours, pour prévenir la violence dans les relations amoureuses des jeunes. Elle participe à des recherches sur la promotion de l’activité physique et des bonnes habitudes alimentaires à l’école. Elle finance aussi les Tables de quartier où siègent des gens des organismes communautaires, des écoles, des arrondissements et qui visent entre autres à améliorer le milieu de vie des jeunes.

Comment permettre à la santé publique de poursuivre ses activités et contribuer à la santé et la réussite des jeunes?

Actuellement, la santé publique se voit menacée de perdre 30% de son budget. Par ailleurs, des compressions sont annoncées un peu partout et plusieurs centaines de millions de dollars seront retirés au milieu de l’éducation et au milieu communautaire sous peu. Concrètement, cela veut dire qu’il y aura près de 900 000 jeunes d’âge scolaire qui risquent de ne plus recevoir le soutien dont ils ont besoin. Cela signifie aussi du personnel épuisé et surchargé, dont le fardeau de travail s’alourdira considérablement.

Et ce, alors qu’il y a tellement à faire et qu’on peut faire pour la santé de nos jeunes. Mais pour ça, cela prend un milieu scolaire, un milieu communautaire et des équipes de santé publique qui ont des moyens, des ressources et des appuis. Cela nécessite aussi un gouvernement qui y croit, et qui travaille avec nous. Il existe des solutions, mais couper en santé publique, dans le milieu communautaire et en éducation n’en est certainement pas une.

Signez la pétition sur le site web de JMPSP pour dire Non aux coupures de 30% en santé publique.

Pour nous, en santé publique, la réponse est claire. La santé de la population, c’est LA priorité.

Pour en savoir plus :

La page web de l’Espace montréalais d’information sur la santé où on retrouve le document de l’État de situation sur la santé des Montréalais et ses déterminants 2014 :

http://emis.santemontreal.qc.ca/sante-des-montrealais/portrait-global/sante-et-ses-determinants-2014/

La page web de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 :

http://www.eqsjs.stat.gouv.qc.ca/

La page web École en santé de l’Institut national de santé publique du Québec: http://ecoleensante.inspq.qc.ca/

La page web SEXOclic de la Direction de la santé publique de Montréal : http://www.dsp.santemontreal.qc.ca/externe/sexoclic/index.php

La page web Projet relations amoureuses des jeunes de la Direction de la santé publique de Montréal :

http://www.dsp.santemontreal.qc.ca/dossiers_thematiques/jeunes/thematiques/projet_relations_amoureuses_des_jeunes/documentation/publications_et_diffusion_projet_relations_amoureuses.html#c6559